Pourquoi nous nous opposons au projet de champs photovoltaïques à Liffré

5 avril 2025 0 Par adrien

Le projet d’installation d’une centrale photovoltaïque de 3 MW sur un terrain agricole à Liffré, en partie constitué de zones humides, soulève des préoccupations majeures. En tant que collectif CoLERE, nous souhaitons exprimer notre opposition à ce projet et expliquer pourquoi il n’est pas pertinent.

champs de panneaux solaires

Un projet incompatible avec la préservation des zones humides

Les zones humides sont essentielles pour la régulation hydrologique, la purification de l’eau et la préservation de la biodiversité. Elles jouent également un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique en agissant comme des puits de carbone naturels. Le projet de Liffré menace directement ces écosystèmes. Ces écosystèmes sont irremplaçables et leur destruction pour des projets énergétiques n’est pas une solution durable.

Des alternatives plus pertinentes existent

L’installation de panneaux photovoltaïques sur des toits de bâtiments, des parkings ou des friches industrielles est une solution bien plus logique. Ces surfaces sont déjà artificialisées et n’ont pas la même valeur écologique qu’une prairie ou une zone humide. En utilisant ces espaces, nous pouvons produire de l’énergie renouvelable sans compromettre nos écosystèmes naturels. Ainsi, une énergie décarbonée ne prends pas la place d’un puits de carbone et les deux entités sont complémentaires dans la lutte contre les émissions de gaz à effets de serre.

Un risque d’incendie non négligeable

Le projet présente également des risques en matière de sécurité incendie. Avec un système de détection ou d’extinction automatique inexistant, le risque d’incendie est réel dû à l’installation de production électrique et par la chaleur qu’elle dégage. Les documents de l’enquête publique montrent bien une protection accrue contre le risque d’intrusion. Ils prévoient bien une réserve incendie. Mais aucune mention n’est faite sur la détection. Dans un endroit peu accessible et isolé, comment circonscrire un incendie au périmètre de l’installation si une détection précoce n’est pas possible ? Ce risque pourrait entraîner la destruction de la zone humide et des haies environnantes, causant des dommages irréversibles.

Entretien des panneaux

Certaines installations nécessitent un lavage récurrent des panneaux, rendus poussiéreux par les exploitations agricoles alentours, la pollution atmosphérique, du sable en suspension ou encore des fientes d’oiseaux. Précisons que les installations prévues ne sont pas capables de recueillir un quelconque liquide de ruissellement. Que ce passera-t-il en cas de salissures réduisant la production et donc la rentabilité du projet si ce genre d’entretien s’avère nécessaire ? La zone humide sera-t-elle souillée de produits détergents ? Dans une telle éventualité (non anticipée dans le projet), vu l’investissement précédemment consenti, nous craignons fortement que la préservation de la zone humide soit sacrifiée.

Une question de rentabilité et de bon sens

Un argument des installations au sol est leur faible coût de mise en œuvre.Pour ceux qui s’inquiètent de la rentabilité, il est important de noter que les coûts associés à la destruction des écosystèmes naturels peuvent être bien plus élevés à long terme. La création de zone humide ex-nihilo, pour compenser est couteuse et n’a pas démontré son efficacité.L’argument de la rentabilité de l’installation est donc à relativiser, surtout dans un monde où l’énergie devrait couter de plus en plus cher.

Conclusion

En conclusion, notre opposition au projet de centrale photovoltaïque à Liffré n’est pas une opposition aveugle au progrès ou à l’énergie renouvelable. C’est une demande pour des solutions plus intelligentes et plus durables qui respectent notre environnement tout en répondant à nos besoins énergétiques. Nous devons protéger nos zones humides et explorer des alternatives qui préservent notre patrimoine naturel pour les générations futures.

L’enquête publique se clos le 24 avril 2025. Nous vous invitons à laisser un avis auprès de la préfecture.